À Clermont Ferrand, comme dans toutes les terres volcaniques, on s’habitue aux secousses telluriques, à l’air caverneux des espaces vierges et froids, au désoeuvrement précurseur du travail à la mine ou à l’usine. On y répond, comme dans le nord de l’Angleterre, par le sport ou la musique. De fil en aiguille, la musique s’insinue dans les vies, les corps et les nuits. Alors on crée un groupe.

À une recherche sur le nom quidam, le dictionnaire donne ‘individu quelconque’. On ne nomme pas un groupe ainsi par hasard. Modestie, contre-emploi, détachement ? Le groupe ne répondra pas, ce n’est pas son affaire.

QuidamCe qui le concerne, en revanche, c’est la musique qui l’habite. A l’écoute, on serait tenté de dire : qui le hante. Yannick Demaison (chant / guitare), Pierre Bogros (basse) et Romain Carrier (batterie) montent un groupe. La belle affaire ? A la différence près que Quidam ne se contentera pas de l’à-peu-près, du quotidien. Il leur faut se lancer à corps perdus dans cette aventure, pratiquer une politique de la terre brulée, attitude qui se traduira dans les textes secs et nerveux d’un groupe déterminé.

Quidam sera forcément un trio, il n’y a pas de place ici pour la surcharge, la rature, la lourdeur.